Prizes and Honors:
PREMIO XAVIER VILLAURRUTIA, 1989.
DIE BESTENLISTE, Dezember 1996: Persönliche
Empfehlung: Im Dezember 1996 nennt Jörg Drews: Carmen Boullosa: Verfolgt.
Aus dem Spanischen von Susanne Lange, Aufbau-Verlag. Süddeutsche Zeitung,
7/8.12.96
Publisher's description:
Es difícil encontrar
en la literatura mexicana contemporánea una personalidad tan brillante
y compleja como la de Carmen Boullosa. Poeta, dramaturga y novelista, Carmen Boullosa
(ciudad de México, 1954) nos ofrece en cada uno de sus libros la certidumbre
de leer al autor de un espacio literario autónomo y radical. El universo
de Carmen Boullosa no forma parte cabal de nuestra tradición. El suyo es
un mundo excéntrico y despiadado donde la imaginación funciona a
través de reglas tan disparatadas como sutiles.
"Mis recuerdos",
escribe Carmen Boullosa en Antes, "me dan miedo, traicionan la serenidad
de la memoria
No mentí cuando les aseguré que era placentero
recurrir a los recuerdos.". Confesión que determina la verdad novelesca
de Carmen Boullosa. Ella emprende ese viaje literario en busca de la infancia
que Edmond Rostand llamó "tierra primordial del escritor. Pero lo
hace sin complacencia, rehuyendo sistemáticamente las convenciones manidas
del realismo lo mismo que la lírica sentimental. Su imaginación
prosística no puede ser calificada sino de alquímica.
Antes es una novela que juega con la fantasmagórica formación
de la conciencia. Carmen Boullosa vuelve a la infancia. Sin temor a repetirse.
Ahora su búsqueda es la volatilidad de la experiencia. Experiencia narrada
con una prosa fresca y maliciosa, que no rehúye el humor ni la inocencia
y donde lo sobrenatural no es un recurso dramático sino la consecuencia
fatal de una libertad de imaginacíon sin paralelo en la literatura mexicana.
Christopher Domínguez Michael
Editions and translations:
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Prima, Noripios, Italy 2012
LaAntes, Editorial Vuelta, México,
1989.
Quizá, Monte Avila Editores, Caracas, Venezuela, 1995.
Verfolgt, trad. Susanne Lange, Aufbau-Verlag, Berlin, 1996.
Avant,
Les Allusifs, trad. Sabine Coudassot-Ramírez, Quebec, Canadá, 2002.
Antes [sound recording] ready by the author, Recorded Books, 2001.
Antes, Alfaguara, México, 1999.
Antes, edición
Punto de lectura, México, 2001.
Excerpts from reviews:
Sergio
González Rodríguez:
Boullosa vuelve al país de la
niñez, pero no cualquier niñez: la muy precisa que vieron los ojos
de Hoffmann, Baudelaire y Leiris; encuentra la materia de esta novela en los ídolos
paternos, las turbaciones, las brumas afectivas, los misterios, el grito del cuerpo
y el combate contra la destrucción ubicua
una
novela que muchos -y muchas- querrán escribir en los próximos años.
Revista Nexos, septiembre 1989
Fernando
García Ramírez:
La de Boullosa es una memoria que inventa,
una memoria que siente la fascinación "y el pesar de no ser lo que
yo hubiera sido, la pérdida del reino que estaba para mí",
para decirlo con versos de Rubén Darío.
Semanario de Novedades, 1989.
Hernán Lara Zavala:
En
última instancia ningún poema de Carmen Boullosa, ningúna
novela podría confundirse con la de otra escritora -novelista o poeta-
porque ella habita un mundo intensamente personal y único. Se trata de
un mundo excéntrico y prolijo, doloroso y sensual, pero, sobre todo, del
mundo de una mujer que nace y renace con cada obra para comover a su propio corazón
y con el de ella al nuestro.
La Jornada semanal,
1989.
Martine Monteau:
Livre déchirure, déchirant.
Violent, "mexicain", ce roman d'une lancée dans la virevolte,
d'une envolée tragique, dans sa rudesse toute mêlée de tendre
dit la fraîcheur colorée d'une enfance qu'atterre l'obscur. La tension
d'Avant fulgure la durée, abstrait un espace-temps pathétique, exsude
du vivant, enclave. Et sa trace nous creuse.
La narratrice revisite des
moments choisis de son existence. L'enfance, patrie de l'imaginaire, du concret,
est le socle de sa réflexion. Age halluciné, où épouvante,
frayages informes se lient au merveilleux, dans le tourbillon des sensations,
l'appréhension du mystère de vivre. Qui-vive d'un jeune être
poreux, qui, témoin de ce que l'on tait, entend. - Le silence de grand'mère
qui voulait un petit fils, la défection du père, le mal d'une mère,
les soeurs lointaines, peuplent sa solitude, la refoulent aux seuils. Les coups
qui frappent à la porte du réel - sans pleurs, ni plaintes - forgent
la lucidité qui tient l'écart, lui chuchotent des protections, fourbissent
la logique du regard prépubère qui livre une interprétation.
Solipsisme, insomnie drainent le faste, tendent le drame. La mémoire chronicise
la fable du réel, pleine d'images vraies, de songe, de saveur. Ces flashs
d'innocence vécus sans pause trahissent l'intranquillité. Le récit
procède d'arrêts sur images - souvenirs-écran, faits menus
et hasards congrus signent après-coup une vie. De ses alluvions passés
au crible le sujet - jamais nommée, appelée - retient ce qui irrigue
une histoire, la précipite. Cela qui la prive de mère agit en catalyse.
Comment, sans amour, transie, traverser la métamorphose ? Sans verbe, transiter
? La vie frêle abandonne l'endeuillée. En accéléré
la roue de Fortune s'immobilise au tournant du cycle et la confine au désêtre.
Par ce trou-trauma de la durée : l'échappée. Avec l'infans
expire le silence. Rayée du projet, ses douze années se fixent à
ce disque. Enquête, analyse chroniques maillent la mélancolie, trou
noir (de la matière), conscience élucidante. De ce parlêtre
dévidant les raisons, les réseaux, une histoire à jamais
achevée, close sur elle-même, lève. Monde fini du fatum.
Et l'écriture, actuelle, factuelle rejoint le Mythe. Carmen Boullosa
parle le langage de l'enfance, des sagesses, de l'inconscient, de la circularité,
de l'unité soma-esprit, du féminin ... Patrie chamanique, l'air
mexicain mythologise son génie mystique dans l'union des contraires, le
passage aux limites.
Toute vie, toute harmonie qui rompt - scandalise
la pensée. Pour réparer la communauté déchirée,
accompli son meurs-et-deviens, le disparu regagne le Corps (spirituel) inséparé.
L'enfant-défunt, magnifié, trouve l'immortalité dans les
innombrables représentations mexicaines de la mort-enfant, qu'interroge
et analyse Edmundo Gomez Mango*. Des limbes il renvoie sa paix, sa lumière.
Dans la frontière effacée, poreuse, se fraye le va-et-vient du processus
créateur. L'art - sourcier, rhapsode, passeur - s'origine dans la déhiscence.
L'âme-fille, orpheline, reste dans l'infranchi - d'où nous
vient, comme d'un coryphée écarté, ce récit testamentaire.
Lange-drap sanglant se déroule l'écheveau : ses rubans de moires,
frou-frou, haillons, volants tournoyants, nylons transparents. Nudité d'une
âme, quérant l'éclat poignant du fado, nostalgie d'un corps
sous le choc d'une explosante-fixe. - Témoin sobre et magnifique, du Terrible.
La carence maternelle, l'absence de mots pour colmater la béance,
empêche l'accession au féminin : personne pour bénir son sang.
Sans initiatrice, vers quelle aller ? La porte, un pertuis. Par une trouée,
par simple lâcher, tourne le gond de l'être. En un rien de temps,
ce blanc vire au rouge-noir. L'enfance-éternisée, l'exsangue, l'asexuée
gagne l'intégrité de l'Ange - gardienne de ce trésor, porteuse
de ce message : l'intégrale de sa vie.
L'avant, pour l'âme
esseulée, c'est le temps rond, c'est l'errance d'une circulation frontière,
entre latence et réminiscence, où s'observe, purs moments du furtif,
le silence.
Conjurant la perte, oubliant l'Oubli, la pensée réactualise
l'entité amputée. Le cours du temps s'abolit à répéter
cette somme d'instants fugués-figés qui lui fut impartie, à
ciseler la beauté, le contour de chaque atome, infini vertigineusement.
La substance pensante n'a de cesse de re-susciter sa part de vie, de soleil-nuit,
à jamais sienne. Singulière monade. L'éternité à
ressasser, re-composer les instances du moi, ce qui existe et pas. Panser l'impensable
(absence, perte, deuil) affole, excède la raison. Sa ré-volte engage
le retour de la négation - l'absolu rongé par tout ce qui vient
de l'insu et revient donner sens au non-sens, désigner l'humaine insuffisance.
C'est la rengaine d'avant insurgeant le posthume, l'exhumant. A ce déni
présumant du manque, mûrit son désir de justice, de réparation,
d'identité.
Cette trame d'exil au vif de l'Absence re-cèlerait
(tympan, hymen) l'e/antre utérin - voie d'une poésie. Ce qui sourd,
qui gronde, qui sidère l'enfant au bord de la vie, la saisit à l'orée
de la puberté, in-voque le hors en soi. Voix off qui circule, engramme,
inspire, console.
Ce récit bref n'en finit pas d'entamer. Par
l'alternative littéraire, le Même insiste, est demeurant. Par cette
voie et voix narratrices filant ce vierge destin, revenant sur ses pas, souffrant
l'Absence-au-monde qui s'altère, elle est rumeur qui s'enfle. Fureur sans
substance, sans personne, creusant là - où le lecteur reste pris.
Mystère initiant l'écriture, s'incorporant texte, corpus. Un dire
obsède, une parole prétexte d'une effraction de soi, fait signe,
un air canalise joie-et-peine, touchant qui passe, guettant l'ombre et, s'entêtant,
créent, trouvent l'issue. Un livre.
Tout commence par des questions.
Etre, ne pas être, naître, disparaître-comparaître en
tel mi-lieu, coexister, le simple si complexe. Tout relie ... Livre-tout qui contient
le mythe et l'histoire singulière, une lecture du monde subjectif et objectif,
la parole et l'indicible, l'instant et l'éternel, le passé-présent,
le sujet et sa vacance, l'art, l'insaisi. Et l'auteur tisse-détisse le
monde-esprit, osmose de vérité et d'illusion. Un style, prompt par
la concision, densifiant le profus, singularise cette saisie transparente à
soi.
La poésie n'est pas seule. La relation fait naître
son medium - l'une en l'autre, auteur-sujet, âmes-soeurs investies. L'enfance
origine, mère de soi, fille pré-texte, surréalise son monde,
son texte, surprend son audience. La déposition acte sa délivrance.
Livre unique, de la maturité à l'oeuvre, ce message ailé,
foudroyé, est l'ange.
Cette enfance littéraire nous hante
sur sa terre, comme l'Enfant de la Haute Mer.
Encres - numero 105 - février 2003
Adaptations
Antes, de Carmen Boullosa, en escena